Cinq livres incontournables à mettre entre tous les mains de tous les passionnés d’outdoor

 On m'a lancé un défi. Sélectionner cinq livres destinés aux amoureux des vagabondages. Pas facile. Voici le résultat. 

  • “L’île haute”, Valentine Goby

Longtemps j’ai cherché à décrire ce moment où mes yeux se sont posés pour la première fois sur les hauts sommets des Alpes. Je m’en souviens très bien parce que j’avais quinze ans. Une sacrée claque. Depuis je m’évertue à retrouver cet émerveillement presque enfantin, à travers les livres, sur les sentiers ou à flanc de paroi. Sans véritable succès… jusqu’à ce que je tombe sur “L’île haute”. Un roman initiatique signé Valentine Goby qui retrace l’histoire du jeune Vadim, un Parisien de douze ans, asthmatique conduit par le train vers un air plus pur, dans un petit village sur les hauteurs de Chamonix.

“Il n’écoute pas, il a de la montagne plein les yeux, les tympans, les poumons, les synapses,  il est envahi de montagne, elle est trop immense, trop étrange, trop nouvelle pour qu’il s’en détache”.

  • “Le Règne du vivant”, Alice Ferney

Véritable plaidoyer écologique, “Le Règne du vivant” retrace l’aventure d’un journaliste norvégien ayant embarqué sur l’Arrowhead aux côtés de militants qui s’opposent à la pêche illégale. Roman coup de poing, ce livre invite au changement, à la protestation à travers des pages décrivant, dans une écriture finement ciselée, aussi bien la beauté des océans que la cruauté de ceux qui les pillent. Ce qui nous pousse à reconsidérer notre relation au monde.

"Nous vivions éloignés de cette nature, nous en oubliions l'émotion, et c'était ainsi qu'elle pouvait être détruite sans que s'élevât notre protestation. Il fallait restaurer l'alliance et crier au scandale"

  • “Encordé mais libre”, Patrick Berhault

S’il y avait un livre à mettre entre les mains du plus grand nombre, ce serait, en toute subjectivité évidemment, “Encordé mais libre”. Une invitation à prendre son sac à dos dès l’aube pour aller vivre des journées à rallonge en montagne, mêlant vélo, course à pied et escalade. Et ce, jusqu’à la tombée du jour. On en oublierait presque l’exploit de l’auteur, Patrick Berhault, alpiniste de légende. La traversée des Alpes, de la Slovénie à la Méditerranée. Des milliers de kilomètres à pied ou à ski, 140 000 mètres de dénivelé positif, ponctués de l’ascension de 22 sommets parmi les plus marquants de l’histoire de l’alpinisme (dont la célèbre trilogie Cervin-Eiger-Grandes Jorasses) aux côtés des compagnons successifs d’une “grande cordée”. De quoi repenser l’idée de la performance. 

“C’est la magie de l’escalade. Toute la vie est là, suspendue à un geste, à l’acuité de tous vos sens. Une hypersensibilité vous protège et permet de maintenir un “équilibre” dans un univers où rien n’a été conçu pour”.

  • “Indian Creek”, Pete Fromm

Classique du nature writing, “Indian Creek” est le journal de bord, teinté d’autodérision, de Pete Fromm, un étudiant américain qui accepte un job sur un coup de tête : surveiller deux millions d'œufs de saumon dans un canyon étroit à des dizaines de miles de la prochaine habitation. Une tâche qui ne lui prendra pas plus de trente minutes par jour. Son temps libre, il le passe à découvrir cette région, à apprivoiser le monde sauvage dans la solitude la plus totale. 

“Je jetai un coup d'œil vers la rivière sinueuse, entre les parois sombres et accidentées du canyon qui découpaient déjà le soleil de ce milieu d’après-midi. Il n’y avait rien au-delà de ces murs de pierre et de verdure, si ce n’est les étendues sauvages de la Selway-Bitterroot, à l’infini. J’étais seul, au cœur même de la solitude”.

  • “À la Verticale de soi”, Stéphanie Bodet

Que l’on pratique ou non l’escalade, l’autobiographie de Stéphanie Bodet nous emporte. Dans un style fluide et précis, elle nous raconte sa vie dédiée à la grimpe. De la vallée de Céüze, village de son enfance situé dans les Hautes-Alpes, aux plus difficiles big walls du monde, en passant par les falaises de l’Atlas marocain, ses vagabondages verticaux, très souvent des exploits, sont également une quête de sens, d’équilibre avec elle-même et avec la nature. 

“Nous avions à cet instant l'invulnérabilité des Clochards Célestes et la vie nous semblait une éternelle épiphanie… Bivouaquer avec pour toit un ciel criblé d'étoiles et pour lampe, une lune ronde et fertile. S'endormir le nez glacé et le cœur en feu. Vivre pour ces minutes, pour ces heures, pour ces jours où le temps n'a plus de prises. Hors-la-loi bénis du temps qui passe, du temps qui fuit, du temps qui coule... Vivre au-dessus de ses forces pour en créer de nouvelles !”

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