Atteindre les sommets de l'existence


Tu vois la vie c'est comme un peu comme une longue, très longue voie d'escalade. Quand tu commences, tu ne sais pas vraiment vers où tu vas.

L'escalade?  Tu n'as jamais fait ça.
Mais pourtant tu vas devoir t'élancer. Tu es là, seul. Insouciant mais une énergie nouvelle émane de toi: malgré l'inconnu, l'incertain, tu es déterminé à aller au bout de cette aventure en donnant le meilleur de toi même.

A peine les extrémités de tes membres posées sur la paroi, la fine brise vient faire danser tes cheveux et caresser avec douceur ta peau encore enfantine. Commence alors, un dévouement total au rocher. Le dompter? Non. Plutôt accepter avec reconnaissance les faiblesses qu'il nous laisse entrevoir afin de le gravir avec une plus ou moins grande difficulté.

Tu risques de te sentir profondément seul mais nous le sommes tous un peu. Aussi, tu vas être parfois jugé sur la qualité de mouvements, de tes placements mais également sur l'optimisation (ou non) de ton rapport poids/puissance. Trop lourd pour certains? Trop léger pour d'autres?
Rapidement tu comprendras que le regard des autres ne doit pas être un poids, il importe bien peu: toi seul trace ta route.

Ici, personne ne choisit la difficulté de sa voie, c'est un peu aléatoire. Certains évolueront dans du 5c*, d'autres dans du 8a. C'est ainsi. Le 8a c'est difficile sur le papier mais finalement si tu sais bien grimper et que tu acceptes de forcer, tout est possible. La difficulté, c'est variable d'une personne à une autre, c'est une question de perception après tout.
Alors danse sur la paroi avec rythme: accélère lors des sections complexes mais aussi apprends à te relâcher, à embrasser avec joie ce moment où tu fais face à des mouvements un peu moins difficiles tout en continuant d'avancer.

Au départ, en essayant d'aller vite, tu fais des grands mouvements, quitte à te fatiguer physiquement. Visuellement, on voit bien que tu débutes: tes tâtonnements sont nombreux et tes premiers mouvements hésitants. Tu grimpes de face, comme sur une échelle.
Faisant confiance à tes capacités naturelles, des choses que tu penses innées, ancrées en toi, tu commences ton ascension avec une ardeur nouvelle. Ton escalade n'est pas réellement réfléchie. Heureusement, tu as de bonnes prises en main ce qui te permet d'utiliser ce que tu penses être ta seule capacité: la force physique. C'est rassurant de pouvoir tracter sur ses biceps, n'est-ce pas?

Tu apprendras, peu à peu, que tu n'es pas qu'une machine développant ses capacités physiques pour avancer. A cet instant, tu ne le sais pas encore mais tu possèdes diverses ressources qui ne demandent qu'à être exprimées: ta détermination, ta technique, ton relâchement ainsi que ta persévérance dans l'action notamment. Mais aussi, ton humanité.




Dès le début de ton ascension, tu auras peut être l'opportunité d'être relié par une corde à une personne bienveillante guidant tes premiers pas sur le rocher, qui t'explique les méthodes afin d'avancer avec efficacité et de faire face avec positivité aux événements inattendus qui pourraient subvenir. Mais attention cependant à rester libre. Libre de tes choix, crée tes propres méthodes pour avancer en fonction de tes propres ressources.
A plusieurs, c'est souvent mieux. Profites de cette chance car ce n'est pas toujours ainsi. Savoure l'instant. Cette corde, colorée par des teintes intenses de violet et de jaune, matérialise un lien affectif essentiel et unique pour chaque individu.

Parfois, certains, dès le début de leur ascension pittoresque, avancent tel des grimpeurs en solo intégral*, pleinement responsables de chacun de leurs mouvements, sans aucune attache extérieure. Toi aussi tu seras confronté à cette situation avec une périodicité variable. Seul, sans corde sécuritaire affectivement et matériellement, tu enchaînes et navigues entre des sections sont tantôt faciles tantôt complexes. Tu te dois de continuer d'avancer car on le sait bien: à trop rester sur les mêmes prises, dans sa zone de confort, on en finit par chuter
D'épuisement.

Personne n'est en bas, tu n'as plus de corde entre tes jambes. Une multitude d'émotions s'empare de toi. C'est effrayant mais tout de même enivrant car à cet instant, tu es pleinement libre.

Cette solitude extrême t'ouvre tous les éventails possibles de choix. Tu peux faire les mouvements que tu désires sans nullement te soucier si leur dimension esthétique correspond à l'éthique. Tu peux oser dynamiser avec hardeur tout en ayant conscience que si tu te chutes, c'est le retour au sol.

Une violente chute. Mortel écrasement.


Excès de confiance,
Crainte profonde d'un échec,
Attitude trop timorée lors de ton ascension,
Doutes envers tes capacités de réussite,
Stagnation sur des petites prises saillantes...

Ces actions t'amèneront à un éclatement sur le chaos de bloc. Ça sera la fin. Avec une rudimentaire violence déstabilisante.

Malgré tout, tu es conscient que plus tu montes, plus la chute probable sera douloureuse. Mais ton désir d'élévation est plus fort que tout.
Tu luttes contre l'environnement et continues d'avancer coûte que coûte avec détermination, passion et envie. Ce qui t'anime, c'est le désir d'être là.

Mais parfois, comme par magie, surviennent quelques instants exclusifs et remplis de sens où tu te retrouves, encordé.
En cordée, au début tout semble plus facile, tes sens sont exaltés. Tu danses alors sur le rocher, comme mu par une force extérieure qui guide tes pas. Les prises auxquelles tu t'accroches ne sont pas devenues meilleures mais mentalement, tu décroches tout en tenant paradoxalement extrêmement bon.

Relâchement émotionnel se traduisant par une décontraction musculaire.

Tu en viendrais presque à perdre ta liberté. La dimension esthétique de ta grimpe est poussée à l'extrême, tu souhaites également montrer plus que tout ta force et ta facilité à réagir aux mouvements que la falaise t'impose, auxquels la vie te défie. Tu n'as même plus conscience de l'éloignement des points ni même de la chute de plusieurs mètres à laquelle tu devrais faire face si par mégarde, un pied partait ou un mouvement trop aléatoire pour toi arrivait.
La confiance que tu apportes est aveugle: tu sais que la personne en bas tiendra la corde coûte que coûte. Tu sais que même si tu chutes, malgré l'immense trou dans l'air, tu retomberas dans le baudrier. Oui, on peut bien dire que là, tu perds ta lucidité.

L'affection que tu apportes à autrui se transforme en attachement. Est-ce que sans lui, tu serais capable d'avancer avec tant d'aplomb? Je ne pense pas.
Ta crédule confiance se mêle à une forme d'indifférence face aux événements qui ont lieu. Dorénavant, tu abordes chaque parcelle de vie avec un brin de nonchalance. Tu ne te reconnais plus.

Afin de ne pas perdre cette authenticité, tu choisis de ton concentrer sur les mouvements à accomplir, les clippages rassurants. En te reconnectant à tes sens, tu retrouves ton intériorité qui est si riche à tes yeux. Toi seul sait vers où tu vas. Ton avenir ne repose pas dans les mains ni encore moins dans le cœur d'autrui.
Tu fais revenir à ta conscience une chose importante: les gens arrivent et la plus part du temps repartent. Oh! Combien de fois, leur départ a pu impacter ton ascension. Apprendre à grimper en solo intégral d'une minute à l'autre est loin d'être une félicité.
Alors, tu choisis de savourer cet instant passé en cordée en acceptant son état éphémère.

Et tu continues d'avancer.

Prise après prise.
Le temps n'existe plus vraiment,

Souffler, se concentrer sur ses sensations intérieures.

Ne pas rester indifférent face à l'environnement mais y être suffisamment insensible afin de ne pas le laisser nous nuire.

D'expérience en expérience, tu apprends, croîs et progresses.
Quand nous, autres grimpeurs te croisons en paroi, nous ne pouvons qu'être admiratifs quant à la qualité de ta grimpe.
Tes mouvements, bien qu'extrêmement précis sont fluides, tel un danseur. Tu oses désormais être sur tes pointes comme pour affirmer avec une éblouissante grâce, ton désir de t'élever.
C'est avec confiance que tu chemines. Avec rythme. Avalant les sections physiques avec des attitudes traduisant une prise de risque voulue et assumée, tu concentres sur les mouvements à accomplir en ayant pour objectif le repos: le bac salvateur, ton refuge de quelques instants. Malgré l'effort musculaire que cela te demande, tu ne négliges pas pour autant tes déplacements de pieds. Cela confère une dimension contrôlée à ta grimpe tout en étant relâché et libéré de saccades traduisant un doute épuisant.
C'est comme si tu ne te posais plus de questions sur tes capacités de réussite. Cependant, je sais très bien que ces interrogations t'assaillent encore mais tu choisis de les occulter: le plus important pour toi c'est d'avancer. Ta détermination est admirable.

Lorsque tu arrives au repos, un sourire se dessine sur ton visage et ton soulagement combiné à une joie profonde s'exprime simplement par une expiration soudaine. Malgré la précarité de ton repos - il ne s'agit pas plus qu'un bac - tu en profites pour délayer et reprendre un peu de magnésie.
Tu fermes les yeux, inspire profondément et laisse quelques instants les éléments t'envahir.

Le souffle lent et profond du vent se mêle à ta respiration posée et intense tandis que chaque rayon du Soleil transperce avec douceur la fine épaisseur de ta peau lui conférant ainsi une couleur ébène.
L'oxygène donné par l'environnement ressource chacune de tes cellules éliminant ainsi l'acidité dégagée par l'effort.

Fibre après fibre, tu te reconstitues.

Reprenant ainsi des forces, tu es prêt à aller de l'avant, à faire face à de nouveaux mouvements complexes, à de nouveaux événements tumultueux.
Alors, tu ouvres les yeux, observes les mouvements suivants et mentalement tu t'apprêtes à y faire faire face, à mener bataille lors des sections ultérieures.

L'inclinaison imposante du dévers sous tes pieds laisse place désormais à une dalle lisse. Tu t'y engages sachant qu'ici la concentration et la précision sont de mise.
Avec aisance, tu répartis tes forces sur tes quatre membres en fonction du mouvement à produire. Les centaines de mètres que tu as déjà gravi t'ont permis d'acquérir de l'expérience te permettant de jouer avec les adhérences. Tu as confiance en toi ainsi qu'en tes capacités: si tu mets le poids nécessaire sur ta jambe, si tu pousses suffisamment sur la pointe de ton pieds, tu vas y arriver. Et tu sais faire cela, tu n'as pas de doute, ça va tenir. Désormais, tu oses.
Au fil du temps, tu as compris que les grands pas ne servent pas à grand chose ici. Ainsi, tu te déplaces lentement, prêtant une attention pleinement dévouée à tes sensations: tu as conscience de chaque grain du rocher qui pénètre ta peau, de chaque micro gratton sous tes pieds. Te mouvoir lentement t'apporte une foi en l'instant, au sens que tu lui confères. Limitant ta fatigue musculaire, tu profites ainsi de la technique que tu as pu acquérir au fil du temps et à ce moment, tu ne penses plus à rien. Même pas à la chance que tu as de pouvoir caresser avec une vigueur plus ou moins marquée le rocher sous tes doigts.


Chaque déplacement de quelques millimètres à un impact immense sur ta perception des choses.

Et tu avances.

Parfois, les sections sont longues et tu ressens une forme de fatigue émotionnelle se traduisant par une multitude de doutes t'envahissant: Pourquoi est-ce que je suis là? Pourquoi est-ce que je fais cela? 
Malgré tout, tu continues d'avancer, encore et encore. Tu luttes afin de rester concentré et dévoué à tes mouvements, à la paroi.
Il arrive à des moments lorsque les difficultés s'accumulent, où tu ne sembles plus voir le bout du chemin ni même le moindre repos, où tu as envie d'arrêter, de dire: STOP, ça en est trop.
Mais tu regardes à tes pieds et la dernière dégaine* est loin. Cela t'effraie. Si tu chutes, ça va être douloureux, mentalement. Et surtout, par la suite tu devras recommencer à grimper depuis quelques mètres plus bas et ça, tu ne le souhaites pas. Alors, tu serres les dents, t'accroches, tu vas réussir, ça va le faire.
Tes avant-bras sont gonflés et tes veines saillantes. Ta lucidité est mise à rude épreuve mais tu te concentres sur le souffle, oxygènes ton esprit: le combat en vaut la peine, crois-moi.
Alors tu te recentres, te focalise sur le plaisir d'être ici et tu t'accroches. Dans cette section bien rési*, c'est le mental qui va faire la différence. Les mouvements s'enchaînent et tu essaies tant bien que mal de caler des micros-relâchements dès que tu peux. De par cette secousse vive du poignet, tu apportes à ton corps le moyen de s'exprimer en dehors de la grimpe. Et parfois, c'est dont tu as besoin: montrer qu'au delà de l'ascension, c'est un monde qu'il y a autour de toi.

Et tu avances.

Tout à coup, tu aperçois une vire.

Aller, fais l'effort, plus que quelques mètres de combat intérieur et tu vas bientôt pouvoir te relâcher pleinement. 
T'apportant un regain de force suite à l'objectif qu'elle matérialise, elle t'attire, te motive,
Et puis, tu la touches.  Les grains de terre dansent entre tes doigts, tu frôles les aiguilles de romarin. C'est vivifiant. Te redresser dessus te demande un dernier effort. Après avoir forcé avec une volonté sans faille sur tes triceps, tu es enfin debout. Depuis bien longtemps, ton pied est totalement à plat.
Il te faut quelques instants avant de pouvoir retrouver ton souffle. Ta cage thoracique se gonfle et se dégonfle avec un rythme rapide et une amplitude étonnante. Tu clippes la dégaine avec une expiration profonde, ton esprit peut enfin se relâcher.
Sur cette vire, tu peux faire le point sur ta vie, lâcher pleinement les mains, te reposer. Enfin du confort! Tu pourrais rester là très longtemps mais cependant c'est très étroit.
Ne perds pas de vue ton désir d'ascension. Aller au sommet, voilà pourquoi tu es ici alors ne te laisse pas parasiter par un semblant de calme, de bonheur. Tu sais très bien ton plus grand plaisir, c'est de l'action que tu le tires. Dans le dépassement, pas dans une étroite et enfermente sécurité affective. Alors ne te laisse pas faire. La vie peut être trompeuse parfois.

Certes, les choses ne sont pas toujours faciles, les remises en question nombreuses.

Et tu avances.

Est-ce que ça vaut vraiment la peine d'être là et de souffrir? 

N'oublie jamais que ce qui t'anime c'est le mouvement: son anticipation, sa réalisation.
Parfois même, c'est comme si ton corps était détaché de ton esprit: tu produis quelques mouvements non anticipés. C'est comme si ton corps savait faire sans aucun ordre de l'esprit, sans aucune contrainte. N'est-ce pas cela la liberté à laquelle tu aspires tant?

Continue de te battre parce que franchement, ça vaut le coup! Même si parfois les points sont éloignés, que tu as peur... Tel un vertige intérieur. Comme si tes sens étaient brouillés, noyés dans l'immensité du monde. De temps en temps, il t'arrive d'être tellement perdu que tu n'entends même plus le chant des oiseaux, que tu ne perçois même plus le vent qui souffle dans tes cheveux et qui fouette ton visage.
Impossible de percevoir la richesse de la vie.
C'est comme si une pluie intérieure déversait en toi mais qu'aucune goutte d'eau ne sortait de ton corps. Impossible de sourire, impossible de pleurer.

Et tu avances.

Même si les prises te semblent glissantes, qu'il est impossible pour toi de regarder vers le haut, tu avances. Ton anticipation est faible, quasi nulle et parfois les événements te dépassent mais tu es toujours là. Tu ne tombes pas.
Et tu te raccroches à la seule chose qui te maintient en vie et qui donne sens à celle-ci: le mouvement. Créer, construire, sans cesse. Avancer, coûte que coûte.

Plus tu te rapproches du sommet, plus tes forces s'amenuisent tandis que convictions elles, grandissent. La peau de tes doigts te brûle de plus en plus et l'étroitesse de tes chaussons provoque une douleur intense. Mais fais l'effort jusqu'au bout, jusqu'au dernier mouvement, ce n'est pas le moment de lâcher!

Peu importe les événements que tu as pu vivre lors de ton ascension, quand ton buste arrive au niveau du relais, décroche ton plus beau sourire. Tu peux être fier.
Sois satisfait car tu es arrivé au bout, tu as su faire preuve d'une détermination exemplaire. Même si tu as failli, que tu as chuté, et souvent douté... Tu es là. Face au relais.

Tantôt convoité, tantôt redouté.
Il marque la fin de cette belle aventure.

Tu admires la vue dont tu disposes. Tu n'es peut-être pas au sommet de la plus haute montagne t'entourant, mais tu es au sommet de ta montagne et  ça c'est le plus beau. Tu as réussi.

Désormais, tu es un peu plus proche des étoiles que chaque nuit tu es regardé avec espoir. Lumières t'entourant, guidant ton voyage.

Maintenant, tu es un peu plus proche des étoiles,
Sans pour autant les toucher.

Le vent est toujours dans tes cheveux, il les fouette comme pour te chasser de cet endroit. Ne reste trop longtemps au relais. Il te faut redescendre.
Soudain, une intense nostalgie s'empare de toi. Les descentes en rappel? Tu découvres tout à coup que tu n'aimes pas cela. Tu te diriges au point de départ de ton aventure, vers le chaos de bloc et cela t'effraies.
Lors de la descente, tu survoles les endroits qui t'ont fait chuter, ceux qui t'ont fait pleurer mais également ceux au sein desquels tu t'es dit: "Ouah, je ne voudrais être nulle part ailleurs, ma place est ici". Revivant chaque instant, tu ne dois rien regretter car même si les méthodes que tu as employées pour faire face aux difficultés de la voie furent peu conventionnelles, tu as su te démarquer et malgré tout, tu y es arrivé.
Bien plus qu'une élévation de plusieurs centaines de mètres, la tienne fut également spirituelle alors ton retour au sol ne change en rien les évolutions parfois subies parfois voulues.

Tu vois la vie c'est comme un peu comme une longue, très longue voie d'escalade. Quand tu commences, tu ne sais pas vraiment vers où tu vas.
Mais peu à peu tu découvres, apprends et évolues.

Désormais, j'aimerai m'adresser à toi.
Toi grimpeur certes mais aussi camarade de cordée. Celui tenant avec dévouement le lien en nylon t'unissant avec autrui.
N'aies aucun préjugé envers la réussite de ton ami. Crois profondément en lui et au combat qu'il mène. Tiens la corde avec bienveillance, affection.

Il chute? Encourage-le davantage car rien n'est inaccessible pour lui.

Tu ne te fixes aucune barrière alors pourquoi devrais-tu lui en mettre?

Malgré ses échecs répétés, il redouble d'efforts afin de trouver la bonne méthode, d'adopter le meilleur placement possible, de réussir à arquer au mieux cette réglette saillante ou à compresser ce plat.
Admire son attitude et prends exemple. Regarde à quel point il est calme et garde sa confiance. Ses mouvements traduisent une profonde conviction en sa réussite.

Regarde-le et prends exemple: les remarques des autres ne l'atteignent pas! Il va vers sa réussite, et ne fait confiance qu'à lui-même. Quelle force mentale!

Même les personnes les plus proches peuvent nous véhiculer des préjugés, nous être néfaste même si ce n'est pas volontaire. Faut-il leur en vouloir? Je ne pense pas. Il s'agit peut-être d'une forme de négligence de leur part.

Quand nous grimpons avec acharnement et conviction dans un crux*,
Quand nous luttons contre les difficultés physiques, mentales et émotionnelles,
Un simple "Aller, tu t'accroches, tu vas y arriver" fait souvent la différence nous apportant un brin de force supplémentaire qui nous ressource, qui nous "booste"
On se souvient alors que des personnes en bas croient en nous. Et soudain les moments difficiles où soloistes, nous luttions seul, prennent un sens différent: ils valaient le coup!


Quelle belle aventure que l'escalade, que la vie!





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* 5c: cotation en escalade permettant d'exprimer la difficulté d'une voie
* solo intégral: pratique consistant à grimper sans aucun moyen de protection
* dégaine: deux mousquetons reliés par une sangle permettant d'assurer la sécurité en paroi
* rési: se dit pour une voie en escalade ne comportant que très peu de repos, où il faut sans cesse avancer ce qui cause une fatigue dans les avant-bras.
* crux: passage de la voie le plus complexe se caractérisant donc par quelques mouvements intenses


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